Le lotus : la pose qui porte des mondes
Assise en lotus, les genoux ancrés au sol, les mains posées en mudra sur mes genoux, je deviens un pont. Pas un pont ordinaire, mais un pont entre le visible et l'invisible , entre la peur et la guérison. Le lotus, fleur née dans la boue et s'épanouissant dans la lumière, est la promesse que même dans l'obscurité, la pureté peut émerger.
C'est là que tout a commencé.
Les mantras : des mots qui vibrent
« Om Parvatiyai Namaha. » Parvati, épouse de Shiva, déesse de l'amour et de la force. Son mantra n'est pas une prière, mais une invocation : « Je m'incline devant toi, ô Mère Divine, porteuse de transformation. » Lorsque je le chante, je ne demande rien. Je rappelle à l'univers ce qu'il a oublié : que la vie est plus forte que la maladie, que l'amour est plus tenace que la peur.
« Om Ashokasundaryai Namaha. » Ashokasundari, la déesse qui dissipe le chagrin. Son nom signifie « celle qui est aussi belle que l'absence de douleur ». Chaque syllabe est une arme contre la souffrance, une promesse que la lumière peut dissiper les ténèbres.
« Om Gam Ganapataye Namaha. » Ganesha, le seigneur des obstacles. Son mantra est la clé qui ouvre les portes bloquées. « Gam » est le son primordial, la vibration qui brise les barrières .
Ces mantras ne sont pas des mots. Ce sont des fréquences . Des ondes qui se propagent dans l'air, le temps, et même à travers les murs des hôpitaux.
Cassie : La gardienne du silence
Cassie n'était pas un chat. Elle était une présence .
La première nuit où j'ai récité le mantra de Parvati, elle s'est assise à côté de moi comme si elle avait attendu ce moment depuis toujours. Ses yeux brillaient. « Miaou. » Pas un miaulement. Une réponse .
Elle ne s'est jamais approchée de ma mère. Elle ne s'est jamais blottie contre elle. Elle est restée à mes côtés, comme si son rôle était de me rappeler : « Tu n'es pas seule. Les dieux t'entendent. »
Quand j'ai chanté « Om », elle a répondu « Miaou », comme un écho. Comme pour dire : « Je suis là. Continue. »
Les Trente Jours : Le Rituel de Guérison
Ma mère a été opérée un matin. Pendant trente jours, je me suis occupée d'elle dans mon lit, à la maison. Pas de chimiothérapie. Pas de traitement lourd . Juste :
- Soins (pansements, tisanes, paroles douces).
- Mantras (répétés jusqu'à ce que ma voix tremble).
- Cassie (toujours là, toujours en train de parler ).
« Om. » (Moi.) « Miaou. » (Elle.) « Om. » (Moi.) « Miaou-miaou. » (Elle.)
Un dialogue sacré.
Les médecins ont dit : « C'est un miracle. » Je connais la vérité : les miracles sont des rituels qui ont fonctionné .
Le dernier jour : quand les dieux sourient
Au bout de trente jours, les tests étaient parfaits. « Aucune trace », ont déclaré les médecins, stupéfaits.
Ma mère sourit. « C'est toi. » « Non, » répondis-je. « C'est nous . Toi, moi, les mantras… et Cassie. »
Elle n'a jamais touché ma mère. Elle n'en avait pas besoin. Elle était là pour m'accompagner , pour me rappeler que la guérison est une danse — entre celui qui prie, celui qui écoute et celui (ou elle ) qui porte la prière aux dieux.
Épilogue : Ce qui reste
Aujourd'hui encore, quand je suis assise en position du lotus, Cassie vient.
« Om. » (Moi.) « Miaou. » (Elle.)
Et quelque part, ma mère sourit. Parce qu'elle sait. Parce que nous savons tous .
Les dieux aiment ceux qui osent croire . Même s'il ne leur reste qu'un chat, une voix et un cœur qui refuse de lâcher prise.
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